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ET DES PLANS D'ASSURANCE-INCENDIE POUR TROUVER LES ANCIENNES ADRESSES DES MAISONS Avant les années 1930, les adresses des maisons montréalaises affichent des numéros civiques aujourd'hui disparus et qui peuvent avoir changé à quelques reprises. Sans les connaître, il est très difficile de recourir aux annuaires pour trouver les dates de construction de ces vieilles maisons. En fait, c'est à compter de 1924-1925 que la ville adopte une nouvelle numérotation des bâtiments qui sera introduite quartier par quartier jusqu'en 1931 et qui est toujours en vigueur. Sur la rue Saint-Denis, par exemple, on observe ce changement pour l'annuaire de 1925-1926 tandis que sur la rue Christophe-Colomb il apparaît dans l'annuaire suivant. Certes, on peut toujours trouver quelques bâtiments qui ont conservé dans leurs vitraux ces anciennes adresses, comme les deux exemples qui suivent. Mais ces exemples sont rares et mieux vaut recourir à une méthode plus systématique. Une première est de comparer dans les annuaires les noms et les adresses d'une rue juste avant et juste après l'implantation des nouveaux numéros. Une autre consiste à recourir aux atlas historiques et aux plans d'assurance-incendie. C'est ce que nous montrerons ici.
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Au tournant du XXe siècle, quelques autres maisons présentes sur la planche de 1907 vont également s'ajouter. Ces grandes maisons vont rapidement être entourées de maisons à toit plat. Selon les annuaires, la situation demeure inchangée jusqu’en 1910 alors qu’apparaissent en quelques années plusieurs triplex et quadruplex. Par exemple, ceux des adresses 1976 à 1982 A.B.C. sont à deux étages et sont revêtues de briques laquées qui resteront fort populaires jusqu'à la Première Guerre mondiale.
En terminant, ce qui frappe sur ces plans d'assurance, ce sont les délimitations des terrains non pas selon les lots cadastraux (comme c'est le cas dans les atlas) mais selon les lignes de propriété. Ainsi on peut voir clairement les délimitations du terrain attenant à chaque maison, autrement dit savoir à qui appartiennent les lots vacants de la rue. Prenons deux exemples qui se font face sur Christophe-Colomb (voir les flèches bleues de l'image plus haut): celui du 6652, anciennement 2868, et le 6649 (2057). Le premier propriétaire est également détenteur du lot limitrophe situé juste au nord. Selon le plan de 1939, il a même fait construire un garage pour son automobile au fond de ce lot qui finira par être vendu et occupé par une autre maison. En somme, un bel exemple de rétention foncière! Son voisin en face possède l'équivalent de trois lots et a érigé sa maison pas tout à fait au centre de sa grande propriété. En 1939, la maison est cependant disparue. Selon les annuaires, cette grande propriété est remplacée en 1942-1943 par trois immeubles à logements contigus, soit les 6649, 6653 et 6657 présentés à la figure suivante.
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